Le 20 octobre 2014, a été inaugurée à Paris la Fondation Louis-Vuitton. Maison française de maroquinerie de luxe, mais également de prêt-à-porter depuis l’aube des années 2000, fondée en 1854 par le malletier, plus tard maroquinier, Louis Vuitton (1821-1892) dont l’œuvre est poursuivie par ses descendants, est la première marque du groupe LVMH – Moët Hennessy Louis Vuitton fondé en 1987 par le rapprochement de la maroquinerie Vuitton et des Champagne Moët & Chandon.
La Fondation, mise sur pied en octobre 2006, a pour objectif de promouvoir l’art et la culture et de pérenniser les actions de mécénat engagées depuis 1990 par le groupe. Son nouvel écrin parisien, conçu par l’architecte américain Frank GEHRY, révolutionne l’utilisation du verre pour donner vie à un bâtiment léger, lumineux et en mouvement, destiné à s’intégrer harmonieusement à un parc de la fin du XIXe siècle et à abriter des œuvres d’art d’exception. S’écartant des approches classiques des facettes de verre, il a développé un façonnage révolutionnaire de ce matériau qui permet de courber au millimètre près et de façon différenciée chacun des 3600 panneaux des douze voiles de verre qui donnent son volume à l’ouvrage.
Marcel DUCHAMP, peintre, plasticien et homme de lettres français, naturalisé américain en 1955, est vu comme le précurseur et l’annonciateur de certains aspects les plus radicaux de l’évolution de l’art depuis 1945. Il est considéré comme le premier à pouvoir qualifier d’œuvre d’art n’importe quel objet en accolant son nom à celui-ci. Les protagonistes de l’art minimal, de l’art conceptuel et de l’art corporel, dans leur inspiration, leur démarche artistique et idéologique, témoignent de l’influence déterminante de l’œuvre de Duchamp. Il aurait également, d’après les nombreux essais qui lui sont consacrés, été l’inspirateur de plusieurs courants artistiques dont le Pop art, le néodadaïsme, l’Op art et le cinétisme.
Arracher un produit industriel à sa fonction utilitaire classique pour l’exhiber en tant que pure forme conduit justement le regard du spectateur à s’intéresser à cet objet pour lui-même. Le « ready-made aided » que je vous propose, baptisé The Legacy of Marcel, est une palette de manutention récupérée chez mon marchand de fournitures artistiques, afin d’étendre en « 3D » l’idée de recyclage et de détournement d’objet, déja utilisée lors de la réalisation de la toile « Minimum Ecology ». Concernant mon travail, celle-ci doit être considérée comme la jonction entre la peinture et l’art contemporain. Cet objet symbolise à merveille la base matérielle de l’économie de marché: Fabrication, stockage, transport, manutention. Colorée en jaune, symbole de la spiritualité, de l’intelligence et de la force infuse, elle anime l’espace et symbolise la lumière, attribut de Mithra, divinité de la lumière chez les Mazdéens. Les Grecs avaient dévolu le jaune à Apollon qui le portait comme un flambeau de gloire ; il était encore l’or maudit poussant au crime, d’après certaines croyances médiévales. La valeur de l’or n’est pas liée a la tradition, il fait fondamentalement partie des archétypes qui constituent l’esprit humain au sens de Carl Jung et des alchimistes.
J’ai personnellement célébré l’ouverture des nouveaux locaux de la Fondation Louis-Vuitton en installant le concept « Marcel’s legacy » dans l’environnement parisien que j’estime le plus contextuellement approprié: 6, Place Saint-Germain-des-Prés, Paris sixième, adresse conjointe de la boutique Louis-Vuitton et du café Les Deux Magots. De renommée internationale également, celui-ci joue un rôle important dans la vie culturelle parisienne dès ses débuts en 1884; de nombreux écrivains tels que Verlaine, Rimbaud ou Mallarmé prennent alors l’habitude de s’y rencontrer.
Dans les années 1920, le café accueille les surréalistes sous l’égide d’André Breton, bien avant les existantialistes qui firent les belles nuits des caves du quartier.
En 1933, un petit groupe d’amis surréalistes, apprennent, à la terrasse du café que le prix Goncourt a été décerné à André Malraux pour son livre La condition Humaine. Jugeant ce prix trop académique, ces surréalistes décident de fonder leur propre prix littéraire qu’ils nomment le prix des Deux Magots. Cet évènement marque la naissance de la légende littéraire du café. Les « Deux Magots » seront par la suite fréquentés par de nombreux artistes illustres parmi lesquels Elsa Triolet, André Gide, Jean Giraudoux, Picasso, Fernand Léger, Prévert, Hemingway, Sartre, Simone de Beauvoir, Raymond Queneau, Serge Gainsbourg, Jim Morrison…


PaVic

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